Pourquoi le temps file (surtout en décembre) — et comment reprendre le contrôle de notre perception du temps
- Carole Douglas
- 27 déc. 2025
- 4 min de lecture

Le temps n’est pas objectif
Beaucoup d’entre nous ont cette impression : décembre disparaît en un clin d’œil, et avant même d’avoir savouré Noël, on se retrouve à défaire le sapin et à penser à la rentrée. Pourtant, les aiguilles de l’horloge n’ont pas accéléré… c’est notre cerveau qui réinvente le temps.
Le cerveau ne mesure pas le temps comme une montre
Contrairement à ce que l’on croit, notre cerveau ne possède pas un chronomètre interne précis. Il ne « compte » pas les secondes, il interprète la durée d’une période en fonction de deux processus cognitifs principaux :
• L’attention dans l’instant présent
Quand nous sommes pleinement engagés dans une activité agréable — comme les fêtes, les réunions, les préparatifs — notre attention est absorbée par l’expérience. Résultat : on ne « sent » pas le temps passer parce que l’esprit est trop occupé pour surveiller l’horloge interne.
• La mémoire en arrière-plan
Quand on repense à une période déjà passée, le cerveau ne recompte pas les secondes. Il se base sur la richesse des souvenirs formés : plus il y a d’événements marquants, plus la période donne l’impression d’avoir été longue.
Le rôle de la dopamine dans la perception du temps
La dopamine joue un rôle clé dans notre perception du temps. Ce neurotransmetteur, impliqué dans la motivation, l’anticipation et la recherche de récompense, influence directement la manière dont le cerveau évalue la durée des expériences. Lorsque la dopamine est élevée — notamment lors de périodes riches en stimulations, en émotions ou en nouveautés, comme le mois de décembre — le cerveau est davantage focalisé sur l’action et l’anticipation que sur le passage du temps lui-même. Résultat : sur le moment, le temps semble filer. À l’inverse, lorsque les niveaux de dopamine sont plus stables et que l’attention est moins tournée vers la prochaine récompense, le cerveau traite davantage les informations présentes, ce qui donne une impression de temps plus lent et plus étiré. Autrement dit, ce n’est pas le temps qui accélère, mais notre cerveau qui, dopé à la stimulation, cesse momentanément de le compter.
Le paradoxe de décembre : long dans le souvenir, court sur le moment
Cette double façon de percevoir le temps explique parfaitement pourquoi décembre semble à la fois chargé et fugace :
Sur le moment, les semaines de décembre sont remplies d’activités, d’émotions et de rencontres → ce qui capte notre attention.
Mais quand on y repense après coup, beaucoup d’éléments similaires se fondent dans un ensemble indistinct → moins de repères mémoriels clairs, donc une impression que tout a filé.
Ce phénomène est proche de ce que les scientifiques appellent le paradoxe des vacances : une période peut être très dense à vivre, mais sembler plus courte rétrospectivement lorsque les souvenirs se confondent.
Pourquoi le temps semble filer plus vite avec l’âge
Même hors décembre, on a tous l’impression que les années passent de plus en plus vite. La science propose une explication : à mesure que nous vieillissons, nous vivons moins d’expériences nouvelles et mémorables — ce qui réduit la densité de souvenirs stockés et donne l’impression que les périodes "se contractent".
Ainsi :
Enfant, chaque nouvelle expérience est forte et unique → beaucoup de points de repère → le temps paraît long.
Adulte, beaucoup de routines sans innovation → moins de souvenirs distincts → le temps «accélère ».
Reprendre le contrôle de notre perception du temps
Bonne nouvelle : comme notre perception du temps dépend de notre attention et de la mémoire, nous pouvons l’influencer volontairement avec 4 stratégies pour vivre le temps plus pleinement:
Chercher la nouveauté
Faire des choses nouvelles (voyages, activités différentes, apprentissages) enrichit nos souvenirs: le temps passé semble plus long et plus riche.
Sortir des routines
Changer les trajets quotidiens, varier les repas, créer des rituels inédits ralentit la perception du temps.
Pratiquer la pleine conscience
Être pleinement présent dans l’instant — en méditant ou simplement en s’arrêtant pour observer — intensifie chaque expérience.
Noter ses souvenirs
Journaliser ses expériences empêche les souvenirs de s’effacer, ce qui densifie la mémoire rétrospective.
Reprendre le contrôle du temps grâce à la pleine conscience… et à la sophrologie
La pleine conscience est l’un des leviers les plus puissants pour modifier notre perception du temps, et la sophrologie s’inscrit pleinement dans cette approche. En sophrologie, on ne cherche pas à ralentir le temps objectif, mais à ralentir le vécu intérieur du temps.
Par des exercices de respiration consciente, de relâchement corporel et de visualisation, la sophrologie invite à ramener l’attention dans l’instant présent (Lire l'article Respirer en pleine conscience dans l'instant présent). Or, plus nous sommes présents à ce que nous vivons — sensations, émotions, perceptions corporelles — plus le temps semble s’étirer. Chaque instant devient plus dense, plus riche, moins flou.
Lorsque l’esprit est constamment projeté vers le futur ou happé par le mental (to-do lists, contraintes, anticipation), les journées défilent sans être réellement vécues. À l’inverse, la sophrologie permet de sortir du pilotage automatique, de ralentir le rythme intérieur et de redonner de la valeur à chaque moment.
Pratiquée régulièrement, elle agit comme un rééducateur de la perception du temps :
les journées semblent moins “compressées”,
les moments de pause sont réellement récupérateurs,
la sensation de courir après le temps diminue.
En ce sens, la sophrologie n’apprend pas à “gérer son temps”, mais à habiter pleinement son temps — une nuance essentielle dans un monde où tout va toujours plus vite.
Conclusion – Le temps est une construction mentale
Le temps que nous vivons n’est pas une entité mesurable à part entière : il est construit par notre cerveau, à partir d’attention, de souvenirs et d’émotions. Comprendre ces mécanismes ne change pas les aiguilles de l’horloge, mais cela nous donne des leviers pour vivre le temps de manière plus riche, plus lente et plus consciente.
Et si, cette année, au lieu de subir le temps, nous décidions de le vivre pleinement ?
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Carole




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